EMPHYSÈME · VALVE BRONCHIQUE
Valve Karakoca et traitement par valve bronchique : une option sans incision dans l’emphysème
Prof. Dr. Yalçın Karakoca · Dernière mise à jour : 25 septembre 2026
EN BREF
La valve bronchique (valve endobronchique) est un petit dispositif unidirectionnel. Elle est posée dans la voie aérienne qui mène à la partie du poumon (lobe) où l’emphysème est le plus sévère. Elle est mise en place à l’aide d’un tube fin muni d’une caméra à son extrémité (bronchoscope). Elle laisse sortir l’air à l’expiration et se ferme à l’inspiration. Ainsi, la partie malade s’affaisse progressivement. Les parties saines du poumon et le diaphragme peuvent fonctionner plus facilement. L’essoufflement peut diminuer. Ce traitement est réalisé chez des patients atteints d’emphysème soigneusement sélectionnés. La valve Karakoca est également une valve originale qui fonctionne selon le même principe. Elle a été conçue pour pouvoir être retirée et reposée si nécessaire.
Quel est le problème dans l’emphysème ?
Dans l’emphysème, les alvéoles pulmonaires sont endommagées et perdent leur élasticité. À l’expiration, l’air ne peut pas sortir complètement et s’accumule dans la zone malade (piégeage de l’air). Cette zone distendue prend de la place dans la cage thoracique et aplatit le diaphragme. Cela gêne le fonctionnement du poumon sain. Il en résulte un essoufflement, ressenti d’abord à l’effort, puis, à un stade avancé, également au repos. Les médicaments peuvent ne pas suffire à eux seuls à résoudre ce problème. On envisage alors des traitements qui visent à réduire la partie malade du poumon. En savoir plus : Emphysème.
Comment fonctionne la valve ?
- On utilise une anesthésie générale ou des médicaments qui provoquent une somnolence (sédation profonde). Le bronchoscope est avancé dans les voies aériennes et la zone à traiter est déterminée.
- Une ou plusieurs valves sont posées dans la voie aérienne qui mène à cette zone.
- À l’expiration, la valve s’ouvre. L’air et le mucus accumulés sortent. À l’inspiration, elle se ferme. L’air neuf n’entre plus dans cette zone.
- La partie malade s’affaisse progressivement. Les parties saines du poumon se déploient et le diaphragme fonctionne plus facilement.
- Si nécessaire, les valves peuvent être retirées par bronchoscopie. C’est la principale différence avec la chirurgie de réduction de volume pulmonaire.
Le traitement par valve bronchique a été étudié dans des études internationales menées avec d’autres valves. Vous trouverez ces études sur la page Publications scientifiques.
Les caractéristiques de la valve Karakoca
- Amovible et repositionnable : elle a été conçue pour pouvoir être retirée, nettoyée et reposée si nécessaire. Ainsi, le traitement peut être adapté à votre cas au fil du temps.
- Elle contrôle le flux d’air : le but est de faire s’affaisser la zone traitée tout en préservant les parties saines.
- Un dispositif distinct du ballonnet : les deux dispositifs s’adressent à des problèmes différents. Le ballonnet est utilisé dans la BPCO où la toux et les crachats sont au premier plan. La valve, elle, est posée dans la zone où l’air s’accumule dans l’emphysème. Les deux peuvent être envisagés séparément chez un même patient, pour des problèmes différents.
À qui s’adresse ce traitement ?
| Situations où une valve peut être envisagée | Situations où la valve peut ne pas convenir |
|---|---|
| Emphysème sévère et accumulation d’air marquée dans les poumons | BPCO où la toux et les crachats sont au premier plan, sans emphysème ou avec peu d’emphysème → évaluation pour le ballonnet |
| Lésions concentrées dans une partie du poumon (zone à traiter bien définie) | Absence de zone nette à traiter ; lésions réparties de façon égale dans tout le poumon (sauf dans certains cas) |
| Absence de passage d’air entre les lobes, ou passage faible | En cas de passage d’air entre les lobes : la zone ne s’affaisse pas, la valve n’apporte pas de bénéfice |
| Essoufflement qui persiste malgré les médicaments et la réhabilitation respiratoire | Patients dont le traitement médicamenteux n’a pas encore été ajusté |
| Avoir arrêté de fumer | Infection en cours, poussées fréquentes et sévères, maladie cardiaque non contrôlée |
| Patients pour qui une chirurgie pulmonaire n’est pas adaptée | Signes d’insuffisance respiratoire très avancée (évalués au cas par cas) |
Comment l’éligibilité est-elle déterminée ? Un test du souffle et des mesures des volumes pulmonaires sont réalisés. Un scanner thoracique en coupes fines est effectué. Sur le scanner, on examine la répartition de l’emphysème et la zone à traiter. L’état de la membrane qui sépare les lobes est aussi examiné. Une analyse des gaz du sang, un test de marche de 6 minutes et un bilan cardiaque sont réalisés. Si nécessaire, le passage d’air entre les lobes est mesuré par bronchoscopie.
Risques
Le risque le plus important est le pneumothorax (fuite d’air entre les deux feuillets de la plèvre). Il n’est pas rare et survient le plus souvent dans les premiers jours. C’est pourquoi vous restez sous surveillance à l’hôpital pendant 3 à 5 jours après l’intervention. Si nécessaire, un drain thoracique est posé. Il existe aussi d’autres risques. Une poussée de BPCO, une pneumonie, des crachats sanglants et de la toux peuvent survenir. La valve peut se déplacer, être obstruée par du mucus ou devoir être retirée. Il existe aussi des risques liés à l’anesthésie. En cas de passage d’air entre les lobes, la zone traitée ne s’affaisse pas et aucun bénéfice n’est observé.
Déroulement de l’intervention
La consultation et les examens sont réalisés en premier. On réalise un test du souffle, une mesure des volumes pulmonaires et un scanner en coupes fines. Une analyse des gaz du sang et un test de marche de 6 minutes sont également réalisés. La zone à traiter est ensuite déterminée. Si nécessaire, le passage d’air entre les lobes est mesuré par bronchoscopie. La valve est posée sous anesthésie générale ou avec des médicaments qui provoquent une somnolence (sédation profonde). L’intervention dure 30 à 60 minutes. Vous restez ensuite sous surveillance à l’hôpital pendant 3 à 5 jours. Lors des consultations de suivi du premier et du troisième mois, un scanner permet de vérifier si la zone s’est affaissée. Les exercices respiratoires et le programme d’exercice physique se poursuivent avant et après l’intervention.
Valve, ballonnet ou autre méthode ?
Le choix se fait selon le type de maladie. Si la toux, les crachats et le rétrécissement des voies aériennes sont au premier plan, on envisage le ballonnet. Si l’emphysème et l’accumulation d’air sont au premier plan, on envisage la valve. Pour les patients atteints d’emphysème qui ne sont pas éligibles à une valve, d’autres méthodes ont aussi été étudiées. La spirale métallique (coil) ou le traitement par vapeur d’eau en sont des exemples. Comparaison : Traitements de la BPCO par bronchoscopie.
ÉVALUATION PRÉALABLE
Est-ce adapté à votre cas ?
Prenez rendez-vous avec les comptes rendus de votre test du souffle et de votre scanner thoracique. Nous prenons la décision ensemble lors de la consultation. Si vous venez d’une autre ville, un entretien préalable en ligne peut d’abord être organisé.
À apporter : test du souffle, compte rendu et images du scanner thoracique (CD/USB), liste des médicaments, résultat des gaz du sang si vous en avez un.
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ÉTUDES SCIENTIFIQUES
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Questions fréquentes
Les questions que nos patients et leurs proches posent le plus souvent, et leurs réponses. Nous parlons ensemble de vos questions personnelles lors de la consultation.
Qu’est-ce qu’une valve bronchique ?
C’est un petit dispositif unidirectionnel. Dans l’emphysème, il est posé par bronchoscopie dans la voie aérienne qui mène à la partie du poumon où l’air s’accumule. Il laisse sortir l’air et l’empêche d’entrer.
À qui pose-t-on une valve ?
À des patients sélectionnés qui ont un emphysème sévère et une accumulation d’air marquée dans les poumons. Trois conditions sont pour cela nécessaires. La zone à traiter doit être bien définie et il ne doit pas y avoir de passage d’air entre les lobes. L’essoufflement doit aussi persister malgré les médicaments.
Est-ce une opération chirurgicale ?
Non. Elle est réalisée par bronchoscopie, sans incision. Cependant, en raison du risque de pneumothorax, vous restez sous surveillance à l’hôpital pendant quelques jours après l’intervention.
La valve peut-elle être retirée ?
Oui. Si nécessaire, elle est retirée par bronchoscopie. La valve Karakoca a été conçue pour pouvoir être reposée.
La valve Karakoca est-elle la même chose que les autres valves ?
Elle fonctionne selon le même principe, mais sa conception est originale. Elle est unidirectionnelle et peut être retirée puis reposée si nécessaire. Les études internationales présentées sur la page Publications scientifiques ont été menées avec d’autres valves.
La valve est-elle posée à tous les patients atteints de BPCO ?
Non. Elle est posée uniquement aux patients chez qui l’emphysème et l’accumulation d’air sont au premier plan. Ils doivent aussi être éligibles d’après le scanner.
La valve guérit-elle la BPCO ?
Elle ne fait pas disparaître la maladie. Chez un patient éligible, elle vise à réduire l’essoufflement. Elle vise aussi à faciliter la vie quotidienne et à améliorer la qualité de vie.
RENDEZ-VOUS
Prenez rendez-vous pour une évaluation préalable
Pour l’emphysème, venez à la consultation avec les résultats de votre scanner thoracique en coupes fines et de votre test du souffle. Rendez-vous : +90 530 337 85 95.
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Cette page a un but d’information générale. Elle ne remplace pas une consultation ni un diagnostic. La décision de traitement est prise lors de la consultation, de façon personnalisée. En cas d’urgence, appelez le 112.
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